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Cherté de vie au Tchad : vache grasse, « vache maigre »

Cherté de vie au Tchad : vache grasse, « vache maigre »

18 oct. 2023 867 vues

L’inflation des produits de première nécessité importés et locaux sur les marchés tchadiens plonge les ménages dans de situations difficiles. Les syndicats et les médias continuent à en parler sans succès jusque-là. Votre journal, Sud Media 24.com analyse la problématique avec l’un des plus importants opérateurs économiques tchadiens, membre fondateur du patronat, Ali Abbas Séitchi, ce mercredi, 18 octobre 2023.

Cherté de vie au Tchad : vache grasse, « vache maigre »
Ali Abbas Séitchi,

Selon l’opérateur économique tchadien Ali Abbas Séitchi, ancien membre fondateur du patronat, le Tchad jadis vivait dans une période de vache grasse mais actuellement, la vache maigrit sans cesse. A son avis, la mission primordiale d’une équipe gouvernementale c’est de s’atteler à maitriser le prix des denrées alimentaire et surtout de première nécessité sur le marché. Ce qui permettra à tout le monde d’avoir accès. Dommage ce ne soit pas en ce moment le cas.Le problème de la cherté de vie dit-il, se situe à trois niveaux notamment, national, international (covid-19), et l’ampleur de cette inflation.Ali Abbas Séitchi épluche qu’au niveau national, tout pays a sa propre richesse pour laquelle, il apporte une expertise importante pour en tirer les avantages les plus certains. Il précise que le Tchad est un pays agricole, du sud en passant l’est et l’ouest, ce sont des zones dites à haute culture. D’après lui, on peut cultiver tout ce qui peut nous mettre à l’abri des besoins alimentaires ou l’autosuffisance alimentaire. Telle devrait être la principale mission d’un gouvernement, insiste-t-il. L’opérateur économique persiste et relève que ça serait difficile d’éviter la cherté de vie si en interne il n’existe pas une politique ferme pour accompagner les agriculteurs, les éleveurs et les pécheurs. « Je dirais qu’il y a un manquement du coté gouvernemental. C’est lui qui doit réguler l’économie du pays. Mais il ne produit pas, il ne transforme pas et c’est le secteur privé qui dans sa globalité assure ce rôle », confie-t-il. Pour lui, il n’y a pas eu une passerelle de dialogue constructif avec le secteur privé. A son avis, il n’y a pas eu une veille gouvernementale sur cette question de cherté de vie.En guise d’argumentaire, l’opérateur économique cite, le salamat, le lac Tchad, le Darsila et le sud comme les greniers du Tchad.  Il soutient que ces zones sont dites à haute culture et devraient produire suffisamment du mil, du sorgho, du riz et ainsi, empêcher l’inflation sur nos marchés.

Il estime pour sa part que le gouvernement doit repenser sa politique sur le développement du monde rural. En outre, Ali Abbas Séitchi renseigne sur le challenge mondial actuel de la couche d’ozone touchée. Il affirme que le sahel dans son ensemble se retrouve dans une baisse de production de ¾, mêmes les bétails peinent à trouver des herbes. « Pour un gouvernement qui ne veut pas la souffrance de sa population il crée des conditions optimums. « D’ailleurs le Tchad doit profiter du fonds vert des Nations Unies pour appuyer le monde rural afin d’atténuer les effets du dérèglement climatique. Au lieu de loger ce fonds au ministère de l’environnement, il vaudrait mieux de disposer à la primature avec un organe supérieur au-dessus et un organe technique associant le patronat. Ce fonds pourra ainsi être orienté vers les collectivités locales pour une meilleure résilience », détaille-t-il.Sur le second aspect du problème, il note les dégâts causés par le covid-19. Selon Ali Abbas Séitchi, toutes les activités ont été réduites avec les mesures barrières qui ont lourdement impacter sur le transport aérien, routier et maritime dans l’importation des denrées de première nécessité. Les prix au sortir même du covid sont restés les mêmes parfois doublés, informe-t-il. « Comme le Tchad importe tout de l’extérieur, paye très cher. Cela impacte le pouvoir d’achat des uns des autres au point qu’avec le SMIG de 60 000FCFA, je mettrais au défi, n’importe qui de pouvoir s’en sortir. Alors ce n’est pas la faute du gouvernement à ce niveau, même en mettant la fiscalité des denrées de première nécessité à zéro, le mal est à l’échelle mondial », explique l’opérateur économique.Un leadership pour résoudre la cherté de vieTouchant le troisième niveau, Ali Abbas Séitchi remarque qu’on pleure cherté de vie mais on n’a pas mesuré l’ampleur de cette inflation. Il déplore le manque d’assise pour réfléchir et construire une stratégie à court, moyen et long terme afin de mesurer définitivement cette inflation.A court termes dit-il, l’union fait la force. Il décortique qu’il s’agit ici de réunir les points focaux des importateurs des produits divers. Se mettre ensemble permettra au Tchad à faire de grosses importations de 50 milles tonnes par exemple pour bénéficier de l’économie d’échelle. La seule solution pour résoudre la problématique de l’inflation. A moyen termes, l’opérateur économique revient sur le fait que le gouvernement doit accompagner davantage la paysannerie et l’élevage. Il suffit d’une réelle volonté politique et c’est possible, soutient-il. « Le ministère d’agriculture doit avoir normalement une base des données réelles et une expertise avérée et concertée des différents ministères. Les gouverneurs doivent transcender leur rôle politique être auprès des agriculteurs et éleveurs pour booster la production.  Nous sommes un pays riche, le président de Transition se bat bien mais le gouvernement doit être en phase avec le secteur privé », avertit Ali Abbas Séitchi.  A long termes, Il signifie que le gouvernement doit accompagner les opérateurs économiques à transformer les produits et non les exporter en l’état. De son avis, l’expérience entrepreneuriale est un gage d’autonomie.

Même s’il arrive qu’on nous ferme les frontières, on serait capable à satisfaire à nos besoins internes. « Imaginer au temps de covid si le Cameroun et le Nigeria nous fermaient les frontière, oho lala, quels dégâts ?  Les choses dures qui nous arrivent, doivent nous apprendre à bien nous corriger mais ce n’est pas le cas. Je crois qu’au Tchad notre malheur c’est qu’on est trop militarisé, on n’est trop politisé. On ne donne pas l’importance à l’entreprenariat, à la création de la richesse, à la valeur ajoutée », analyse Ali Abbas Séitchi.  Pour l’opérateur économique, le gouvernement à tous les documents et textes pour conduire à bon port notre économie. Dans le dialogue social, tous les ministères qui surfent dans les ressources naturelles sont mis ensemble, énonce-t-il. Déjà à cette étape, le problème devrait se régler en global, renchérit-il. Ali Abbas Séitchi considère le ministère de la communication comme un moyen pour converger les idées vers une synergie. « Le leadership est essentiel, et sans le leadership, on ne peut pas maitriser la cherté de vie », conclut-il.

Moyalbaye Nadjasna

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